HAITI : Gros débours, Parlement impraticable, séance renvoyée

Gros débours, Parlement impraticable, séance renvoyée.

  • Haïti Renaitra : Par Jean Willer Marius et Jean Jackson Michel

C’est en ces termes empreint d’une hilarité déconcertante, que feu Théodore Beaubrun, réputé Languichatte Débordus, aurait décrit cette nouvelle débâcle du pouvoir au parlement dont il détient pourtant une majorité écrasante motivée croit-on par des sommes féériques. En effet, la séance de mise en accusation du président orchestrée par le groupe minoritaire pour cause de corruption et de massacre de masse, reportée pour ce lundi 12 août 2019 vient d’être soldée par un nouveau report faute de quorum, faute de quorum au sein de la majorité. Bizarre ! Et s’ils mijotaient encore un coup tordu contre la population ?

Une analyse pointue de la situation qui prévaut à la place du commerce ce lundi, laisse poindre à l’horizon de nos malheurs, entre ce siège qui n’a plus de raison d’être et celui du massacre de la saline perpétré par des officiels du gouvernement, toujours en poste, des acteurs surchauffés, proférant des menaces faisant peur telles :  pneus incendiés, barbecue au parlement, bris de voiture ; ceci en présence de la police et sur les antennes des stations de radio, en toute impunité. Ces cris du cœur sont, parait-il, arrachés par la force des choses, par l’horreur des jours sans pain, l’insalubre situation des déportés de la saline sur les galeries du parlement se lavant et se désaltérant en compagnie des cochons, avec de l’eau souillée et malodorante provenant des égouts à ciel ouvert générant une éruption de furoncles au niveau des parties intimes des femmes et aux visages des enfants. Toute cette scène immonde se déroule à moins de deux kilomètres du palais où coule le lait et le miel pour les voleurs du bonheur de tout un peuple. Et à seulement deux heures de vol des champions de la démocratie qui ne jurent que par la maintenance du statu quo assassin.

Au niveau de la primature, deux filous se taillent la part du lion. Ils coulent des jours heureux, font la fête au quotidien, bals bombance prostituée ; tout ceci aux frais de la princesse. Ces dévergondés ne s’embarrassent d’aucun scrupule. Ils ont des sans vergogne qui vont plaider leur impossible cause au micro, comme invité du jour. Même Aya le kidnappeur présumé, a eu son heure de gloire en studio, à ses frais dit-on, loin de l’affaire vieille de plusieurs années, de la drogue de Port-de-Paix.

Le Président du parlement aurait promis à l’inculpé qu’à hauteur d’un million de gourdes il trouverait l’assentiment de ses confrères comme Lambert avant lui au niveau du sénat qui devait jouer des poings et du pied pour forcer le vote de Jean Michel Lapin. Sauf que, face à trop de misères dues au vol et aux malversations répétées de cette équipe pourrie maintenue au pouvoir par on ne sait quelle recette diabolique qui sème des morts et encore des morts dans le camp de la police et de la population innocente, les forces naturelles se sont liguées contre ces voleurs de patrie, ces fossoyeurs du tombeau de l’haïtien et font que même leurs meilleures intentions retournent contre eux. Les députés majoritaires avaient mis la barre plutôt haute, prime de risque oblige, réclamant dans un premier temps, 30M/GDS pour leur vote pour finir à 15 M non négociables dans un pays où la prostitution juvénile n’avait jamais eu autant de travailleuses du sexe.

Les défenseurs du pouvoir n’ont pas su trouver meilleur prétexte que la prochaine rentrée des classes, l’installation d’un ultime gouvernement et le soi-disant prêt du FMI pour rebâtir Haïti et résoudre les problèmes, et réaliser le projet d’électrification du pays 24h/24, pour flatter les bas instincts et rassurer les quelques crédules qui croient encore en leurs bonnes intentions, honte à eux.

Pourtant, au loin, se dessine pour le 14 août prochain qui rappelle cette grande cérémonie du bois kay Imam, acte décisif pour la libération des esclaves de Saint-Domingue, une grande mobilisation, une énième avec cette fois-ci la ferme résolution de révoquer de fait tous les fonctionnaires du gouvernement par une sorte de désobéissance, un refus d’obtempérer à leurs ordres tandis que les plus virulents parlent même de leur interdire l’accès à leurs bureaux. Quand, un appel au secours vers Poutine initié par Moise Jean Charles qui divorce finalement par ce geste et celui de hisser le drapeau noir et rouge au mât de Vertières, avec les anciens amis d’Haïti, car pour ce dernier, il y a si longtemps que cela dure, le changement se serait déjà produit si même il était en chemin, à pas de tortue.

Le parlement aura beau tenter de se refaire une santé, de se placer une nouvelle fois au-devant de la scène ; les revendications populaires demeurent intactes : TABULARAZA.

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